Preuve

« Nous saisissons la pomme quasi par tous nos sens ; nous y trouvons de la rougeur, de la polissure, de l’odeur et de la douceur ; outre cela, elle peut avoir d’autres vertus, comme d’assécher ou de restreindre, auxquelles nous n’avons point de sens qui se puissent rapporter. »
Michel de Montaigne

L’enquêteur Alkanaye part à la recherche de la Vérité. Besogneux, il court l’information, la piste et la trace. Méthodique, il collecte les preuves, les recoupe, et les placarde.

Ces panneaux reconstituent son travail d’enquête, mêlant les premières étapes d’investigation, raturées, effacées mais photographiées, à l’étape où s’arrête notre enquêteur : l’intimité des 2 témoins.

Car le projet « Preuve » s’appuie sur deux témoignages.
> L’un sur la « révolution roumaine » de 1989, qui a obligé le départ pour la France du 1e témoin et les conséquences aujourd’hui de ses positionnements politiques de l’époque.
> L’autre sur la décennie noire en Algérie, comment l’enfant qu’était le 2e témoin a vécu cette période et y a fait face.

Ils racontent ce qu’ils ont vécu, le contexte dans lequel ils l’ont vécu, une vérité qui ne correspond pas toujours à ce qu’on entend. Alors qui croire ?

Sur les panneaux, des « vraies » preuves, des « fausses » preuves, des preuves « utiles », des preuves « inutiles »…

Où se cache la Vérité ?

Ce projet ouvre trois pistes de réflexion :

> la 1e questionne la réalité de la vérité.
L’homme est la mesure de toute chose ; de ce qu’elles sont pour ce qu’elles sont et de ce qu’elles ne sont pas pour ce qu’elles ne sont pas. Telles les choses t’apparaissent, telles elles sont ; telles elles ne t’apparaissent pas, telles elles ne sont pas.” Protagoras

> la 2e s’interroge sur la nécessité de la vérité. Avons­-nous toujours besoin de la connaître ? Quelles sont les raisons qui pousse une gouvernance à user de son droit de censure ? Qui ou quoi définit de la nécessité de censure ou tout du moins de silence ?

> La 3e s’interroge sur la notion de légitimité. Qui ou quoi à le pouvoir d’affirmer ce qui est vrai ? Qu’est­-ce qui fonde une preuve ?

« La réalité est comme un témoin supposé très fiable auquel on ferait appel devant un tribunal, sans que personne n’ai jamais vu le témoin en question, et sans que ledit témoin puisse venir en personne à la barre pour donner son témoignage. »
Emmanuel Kant