pique-nique en bord de route – Pandore

(2021-2023)
lecture dans la continuité de l'installation "Pandore" (projet en cours)
durée : 20 min

conception : Jean-Battiste Couton
écriture : Jean-Battiste Couton et Flore Marvaud
travail sonore : Lou Jal
jeu : Amandine Bouche, Marc Dumontier, Benoît Hamelin

photos issues des répétitions de juillet 2023 et octobre 2023



Pandore est la première femme, créée par ordre de Zeus pour assouvir sa vengeance contre l’humanité et son défenseur, le titan Prométhée.

D’une certaine manière, la naissance de Pandore signe la naissance de l’humanité telle que nous la connaissons, une humanité périssable, assujettie à l’accouchement pour se reproduire, au travail pour survivre. Quand Pandore ouvre la boîte, l’humanité prend conscience de sa souffrance et cette prise de conscience lui donne l’espoir de pouvoir s’en libérer (par la connaissance, l’apprentissage).

La 1ᵉʳᵉ question : pourrait-il y avoir un accroissement des sciences et du savoir sans une exploitation divine ?
Ce que nous montrent les avancées technologiques des derniers siècles aurait tendance à valider le mythe du péché originel : l’acte de Eve qui mord la pomme par curiosité (quête de connaissance / le feu de Prométhée) a des conséquences néfastes sur l’humanité.
Cette lecture s’oppose au feu de Prométhée qui donc est, tout comme la pomme de Eve, à considérer comme une croyance.

La 2ᵉ question : par quels truchements, le mythe prend au fil du temps une valeur morale susceptible d’asseoir une autorité humaine ou divine ?
Cette construction culturelle se développe à tel point que notre civilisation ancrée dans cette mythologie grecque (sciences, philosophie, démocratie, théâtre) ne voit dans l’organisation actuelle des relations au pouvoir, à la croyance, qu’un seul chemin possible.

La 3ᵉ question : comment est-ce possible d’aller à l’encontre de nos fondements ? Comment ouvrir des brèches ?
Cette lecture du monde part du postulat que l’humanité est née pour éponger une dette (celle de Prométhée) donc que l’humain est né pour souffrir (travail, accouchement pour survivre) ou en tout cas ne peut vivre sans souffrance.
La condition humaine n’existe qu’à travers cette grille de lecture.

Cette performance propose pour quelques instants de se débarrasser de cet héritage culturel en conscientisant ces postulats qui sont ancrés au plus profond de nos consciences et inconsciences : l’humanité n’aurait pas dû naître ; la naissance de la 1e femme est un piège ; l’accroissement de la connaissance et des techniques est le seul moyen de survivre, etc.

Ces mythes étant si structurels dans nos sociétés deviennent impossibles à questionner car les mots ne viennent pas.
Ce projet, en proposant une autre genèse qui démarrerait à la naissance de la femme, propose avant tout une réflexion sur notre incapacité à recontextualiser ces grands mythes, grands contes.

Cette performance s’inscrit dans le prolongement de l’installation « Pandore », projet en cours dont la version finale verra le jour en 2024 également.