(cabaret) pourquoi n’aurait-on pas le droit de dire qu’on a envie de baiser avec un type ?

Trois comédien∙ne∙s entrent dans la « Fête foraine », une fête où les lots à gagner sont des bouts de femmes, des morceaux de leur ambiguïté, des morceaux d’angoisse, des morceaux de surreprésentation, de corps figés.

A la fois bonimenteur∙e∙s, arangueur∙se∙s, maître∙sse∙s de cérémonie, ils et elle se revêtent de paillettes pour nous offrir le meilleur du spectacle.
Mais qui sont en réalité ces personnages ? Cette femme qui était prisonnière de la boîte, en est sortie comme par magie. Alors… En est­-elle vraiment sortie ? Où sommes­-nous vraiment ? Ces hommes qui l’accompagnent nous chuchotent des mots étranges aux oreilles. Sommes­-nous bien là où nous pensons être ? Ou alors… peut­-être sommes-­nous nous-­même entrés…

Sous forme de cabaret, elle et ils célèbrent la femme, roucoulent, sacralisent le fantasme, nous attirant brusquement vers un endroit plus obscur car plus intime, l’endroit de la construction de notre identité.
Manifeste onirique vivant, elle et ils se désespèrent de nos conditionnements masculins et féminins, hurlent à la liberté tout en crachant leurs doutes.

A l’origine de ce spectacle : la Fête foraine
« (cabaret) pourquoi n’aurait-­on pas le droit de dire qu’on a envie de baiser avec un type ? » est la continuité de l’installation appelée « Fête foraine » conçue et réalisée entre 2014 et 2016 à Aubervilliers.
Le public entre dans une salle d’exposition dans laquelle trône cette installation. Puis, le noir se fait et cette salle devient plateau de théâtre. Le public est alors poussé vers les gradins par les comédiens.

Si l’installation propose aux femmes d’accepter leurs ambivalences dans une société qui les conditionne à être objet plutôt que sujet, la forme spectacle, elle, propose de comprendre puis de dépasser ces relations de sexe pour atteindre une forme d’épanouissement, ou en tout cas, pour faire valoir son individualité propre.
« Une conception véritable des relations sexuelles n’admet ni vainqueur ni vaincu ; elle ne reconnaît qu’une chose : le don de soi, illimité, afin de se retrouver plus riche, plus affirmée, meilleure. Cela peut combler le vide et transformer la tragédie de l’émancipation féminine en une joie, une joie sans bornes. » (La tragédie de l’émancipation féminine ­ – E. Goldmann)

A l’image des cabarets, les comédien∙nes, tour à tour, chantent, jouent, animent, enseignent, et pleurent dans un univers pailleté, aux costumes clinquants, hauts­-de-­forme et queues de pie.
Le texte est composé de matériaux très variés, montés en numéro : chansons, paroles d’auteur∙ice∙s, extraits de film, poésie, etc.
Ces numéros sont, pour la plupart, accompagnés par la musique, omniprésente durant tout le spectacle.

Distribution

Conception et montage du texte : Flore Marvaud

Collaboration artistique : Christophe Casamance et Fatima Soualhia Manet

Création musicale : Maximilien Neujahr

Jeu, chant et mise en espace : Christophe Casamance, Maximilien Neujahr, Fatima Soualhia Manet

Construction : le ViKonte de Bartholin, Yann Lelarge