Eléments dits parfaits

Les 5 Éléments dits Parfaits, réalisés par 5 artistes, sont matérialisés par 5 objets :

un entremêlement, ­une polyèdre, un oval, un drapé, ­un cube

Ces Éléments dits Parfaits sont piqués sur des socles et disposés en cercle, tels de totems minimalistes. Totems bancals tenant en équilibre quasi­ miraculeusement, ils ont perdu ça et là des éclats de matières, des pans d’eux­-mêmes. Sur chaque pied un texte, pas encore effacé par le temps, jaillit de l’intérieur des totems et raconte à sa manière l’origine de chaque perfection.

Par leur disposition circulaire, les cinq éléments évoquent un rituel païen. Ils sont mis en orbite autour de la quintessence de la perfection, un centre vide, le mystère le plus vieux : la naissance de l’humanité.

« Cet automne,
pourquoi ai-­je vieilli ?
Oiseau dans les nuages »
Bashô

Si l’on admet qu’être parfait est impossible, perfection rime alors avec irréel, magie et même jeu. En son sein, tout devient possible : peuvent s’y mêler mouvement et immobilité, couleur et transparence, son et silence.

Notre mission, d’après Nietzsche, est « d’accepter toutes les forces créatrices de la vie qui dorment en nous » parce qu’elles sont source de dépassement de soi. Si on accepte la corrélation entre dépassement et perfectionnement de soi, si on envisage la perfection comme un idéal plutôt qu’une réalité, chaque stade de perfectionnement devient une étape vers son objectif de vie qui rend toujours plus réelle notre existence. La recherche de perfection devient alors fondamentale. Loin d’une « perfection » qui se limiterait à une forme de standardisation, de superficialité, notre quête puise son essence dans notre intime. Notre intime, quant à lui, ne répond qu’à ses propres critères. Il ne peut qu’être multiple soumis à des perceptions du monde variables et évolutives s lon l’angle, le temps, la vision, les choix adoptés, etc.

Le principe des Éléments dits Parfaits a été de considérer dans un premier temps la perfection comme artifice avant de l’ériger en volonté de perfectionnement de soi. Toujours sur le fil, les textes, les objets symboliques et leur présentation totémique « fragile » font expérimenter au regardeur une métamorphose de l’intime en perpétuelle fusion avec son environnement extérieur et son origine.

Une métamorphose jamais accomplie ?

Toujours recommencée ? Jamais commencée ?