occurrences de 1 à 121

(2021­-2022)
11 quadriptyques de 76x60cm
­ impression sur tissu, broderie, fil tendu
. .

Comment vivre avec nos obsessions ?

« Occurrences de 1 à 121 » trouve sa matière première dans des notes intimes écrites entre 2018 et 2021. Ces notes ont été copiées dans un logiciel qui analyse la fréquence d’apparitions des mots et qui les classe à partir du plus usité.

Les 121 premiers mots ont été brodés sous 44 photographies imprimées sur textile, l’ensemble formant 11 quadriptyques.

Les 11 cadres sont suspendus par des élingues en suivant la forme du ∞. Le public peut circuler dans ce ∞ et ainsi voir l’endroit et l’envers de chaque quadriptyque.

Dans ce projet, les pensées qui envahissent sans cesse l’espace mental, obsessions de membres de phrases, de mots, qu’on se répète idiotement, irrésistiblement, je ne sais combien de fois (Journal – André Gide), se superposent à des images prises dans un milieu urbain.

. .

Associés à des photographies, reflets d’émotions stimulées par la rupture de l’habitude, par l’inattendu, ces mots provoquent l’Ouroboros.

Ce serpent qui se mord la queue à l’image de nos obsessions semble figé dans un mouvement immuable et perpétuel, pourtant n’est-il pas immanquablement perturbé même très légèrement par ce qui l’entoure ?

Quelle prise avons-nous sur l’extérieur ?

Son mouvement circulaire continu se déplace malgré lui, le cercle du serpent devient écriture.

Par la multiplicité des sens que nous offrent la combinaison des mots et des images, ce projet s’interroge sur la possibilité de fixer des états : ces obsessions, que l’on imagine incoercibles, dans lesquelles nous nous sentons emprisonnés mais peut-être rassurés, nous poussent à ne rien tenter. Et pourtant, bousculés par cet environnement sur lequel nous n’avons pas de prise, nous changeons imperceptiblement malgré nous voire contre notre gré.

Nos attentes de nous-même, nos impatiences à vouloir être une ou un autre, à vouloir être mieux, ne révèlent-t-elles pas une angoisse plus grande : le besoin de justifier le hasard de notre existence ?