© Jérémy Saintout
Sur l’invitation de la Cie Les Allumeur.e.s, le CLAC propose, pour la Nuit blanche 2026, 3 regards autour du Roman que nous nous faisons de la Romance :
Aspiration à l’harmonie et à l’amour absolu, la romance à l’état pur — fusionnelle, passionnelle — a longtemps façonné l’imaginaire des petites filles, faisant de leurs oreilles les réceptacles d’histoires édulcorées. Mais derrière l’idéal, le feu couve : désillusion et drame fissurent le vernis d’un romantisme saturé de sentiments.
Camille Dunaigre présente des lettres de colère, écrites dans le cadre de relations liées à l’amour. Pour y accéder, le regardeur doit soulever, voire déchirer, le tissu d’un mouchoir ancien qui les dissimule. Geste intime, presque transgressif : dévoiler suppose d’altérer. L’écriture ne relève plus du fantasme amoureux ; elle devient espace de confrontation, révélant les failles, la violence émotionnelle et l’envers du mythe romantique.
Flore Marvaud déploie une série appelée Romance, série de six tableaux qui prennent la forme de jeux éducatifs. Sous des apparences ludiques se dessinent des scènes d’initiation à l’amour. L’artiste interroge la fabrication de la romance, ses connotations culturelles et son impact social dès le plus jeune âge. Les cadres dorés, d’inspiration baroque, rejouent les codes de l’histoire de l’art et soulignent son rôle dans la construction et la légitimation d’un imaginaire sentimental normé.
À travers de vieilles photographies du début du XXᵉ siècle, Marine Mercier examine la place assignée à la femme au sein du couple et du foyer. En grattant leurs silhouettes jusqu’à les effacer partiellement, elle les rend amoureusement invisibles. Ces récits ordinaires s’inscrivent dans une mémoire plus vaste, celle de la condition féminine. Scellées dans le béton, les images deviennent fondations autant que sépultures : vestiges d’une romance qui, sous couvert d’idéal, a parfois confiné à l’effacement.







