Boîte de Pandore

La boîte de Pandore, hermétiquement fermée mais d’où jaillissent des cristaux brillants et acérés, fredonne une comptine intime, lancinante, symbole de la famille restreinte et de ses cauchemars.

Protégée par les chants qui enveloppent la pièce, je vais vers elle, pourtant si effrayante, si inaccessible, car si nette et si belle.

En quête d’individualité et de liberté, qui ne tente pas de s’opposer aux codes institués, aux obligations imposées par le groupe ?

Combat légitime mais tellement oppressant qu’il peut nous éloigner, par la même occasion, de certains fondamentaux : le besoin de multiplicité des regards, le poids de l’histoire sur nos actions, la part inconsciente de la transmission. A nous de ne pas perdre dans ce combat les repères nécessaires à notre stabilité.

Ce projet propose une corrélation entre la réappropriation de notre humanité par le souvenir des chants de l’enfance et la possibilité de dépasser les traumatismes de cette enfance, donc de grandir.

Le système d’envoûtement, qu’est cette installation sonore, tente d’extraire de cette boîte tous les tabous qui planent autour de nous et nous emprisonnent dans le silence. En rythme avec les cristaux, nous nous désensorcellons.

Tu es je
Elle est il
Nous sommes je
Il est tu
Je suis vous
Elles sont lui
Monstre à six têtes
Monstre à trois têtes
Monstre à une tête

La boîte de Pandore respire, pique, brûle, en répétant sans cesse la même rengaine, répétition qui devient incantation, incantation qui devient rituel, un rituel exutoire.

Boîte de nos frustrations familiales et des souvenirs mal enfouis, les cristaux l’entaillent et vibrent en écho avec les tabous qui nous entourent, en particulier l’inceste. La boîte pourrait être notre peau.